Médias

« Mosaïque de couleurs, synergie de formes, exploration de tout les espaces, approche ludique du champs artistique, voilà le monde de Këfran. Sa passion s’anime, se déploie, se nourrit de toutes les tendances qu’il anticipe. Il en exprime les soubresauts, il tisse les fils de sa création pour atteindre le nirvana de son œuvre s’accomplissant… » (J.L Tisseur, nouvelles tendances, 2003)

« Originaire du Havre, Këfran fut, au milieu des années 80, l’un des tout premiers taggueur/graffeur de la ville, utilisant alors divers pseudos comme Reo ou Abyle. A l’heure ou la capitale explosait déjà sous les bombes des graffiti artiste parisiens, l’esprit s’importait tout juste chez les jeunes havrais. Arrivé à Paris en 1992 à l’âge de 19 ans, Këfran réalisa paradoxalement moins de murs pour plus s’orienter vers la toile et le pinceau. Il affina son style, explorant différents styles de calligraphies (asiatiques, berbères…), réalisant des portraits ou des paysages, il n’eut de cesse d’approfondir sa recherche de luminosité et de couleur. C’est en 1999 qu’il imagina peindre sur des miroirs. Dès lors, il ne quitta plus ce support magique, source fantastique d’exploitation de la lumière… Quelques huiles quand même, de temps en temps, plus classiques. Ce que vous verrez lors de cette exposition par contre, vous ne l’avez jamais vu ! » (Séverine Payot-Stouff, File 7, 2004)

« Jamais notre galerie n’avait été traversé comme cela par de tels rayons de lumière aux couleurs vives. Agressive pour certains au premier abord, la peinture de Këfran est la peinture contemporaine par excellence, elle vit, elle danse, elle change devant vous au gré de son humeur, de la couleur du ciel ou de la position de votre regard. Mélange d’abstraction et de figuration, tridimensionnelle sous certains angles, elle reflète son environnement. Au travers de cette œuvre, venez voir la vie avec un regard kaléidoscopique, plein de positivisme et d’entrain. » (Galerie du Presbytère, 2005, Champs sur Marne)

« On the 2nd floor,  you can see  mirrors paintings on the wall. You will have a brand new experience. From Këfran, a French artist, these three pieces made with huge mirrors will be lighted every hours by stroboscopic white spots. They ‘re going to go out the frames and mix with each other on the walls. You will never see painting as before!” (Pure night club 2009, Buffalo, USA)

“On a aperçu cet après midi, dans les rues de Lannion, un curieux spectacle : Des peintures étaient projetées sur les murs. Un artiste au surnom de Këfran exposait sauvagement quelques unes de ces œuvres sur… les trottoirs dans face… Œuvres peintes sur des miroirs et qui, avec la lumière du soleil, se reflétaient sur les bâtiments, comme si eux-mêmes se tenaient au milieu d’une église, baignés par la lumière de ses vitraux. Evènement de courte durée hélas, l’exposition étant interrompue par les forces de l’ordre prétextant semble t’il un risque de trouble à l‘ordre public. Les quelques privilégiés qui avaient assisté à l’installation et commencé à discuter avec l’artiste ont dû apprécier… (Franck Nadalin , journaliste, Ouest France, juillet 2010.)

INTERVIEW DE KËFRAN PAR ELEONORE DUPLAY (journaliste à France 3) pour son exposition au  Caverne Studio (Paris 14 ème) en décembre 2012:

–          « vous vous baladez toujours comme ça avec des tableaux ? ça pèse son poids  tout ça !?

–          « ça va, y’a 10 ou 15 kg seulement là ! J’ai fait des tableaux qu’en pesait 40… C’est comme quand je faisais le DJ avec des vinyls, c’est pas forcément par plaisir mais le support que j’ai choisi, le fait que les tableaux vivent au travers de leurs reflets, font qu’il est très difficile de les prendre en photo. J’en avais fait il y a un temps avec un fond blanc derrière mais si ça évitait d’entrevoir le photographe, ça unifiait trop le truc, ça aplatissait les reliefs et les effets 3D, les couleurs même , bref ça tuait une grosse partie de l’œuvre. Donc maintenant si j’ai toujours quelques photos sous la main, je préfère montrer du  « live » .Les photos c’est incontournable  mais avec les reflets des murs et des hommes ça ne marche pas à tout les coup, quoique finalement, chaque photo pourrait elle aussi être une œuvre unique car impossible à reproduire sous les mêmes conditions de lumière et d’environnement… »

–          « D’où vous est venue cette idée de peindre sur des miroirs ? »

–          « De plusieurs choses en fait. Etant parallèlement danseur jusqu’au début des années 2000 j’avais trop envie de poser quelque chose sur les miroirs des salles de répétition… M’étant rapidement intéressé à tout les styles de peinture j’avais peins un peu sur le verre avant. Un jour j’ai trouvé un miroir énorme à Paris, genre 1cm d’épaisseur, 2m par 1m50… Je l’ai peint, encadré et rapidement vendu. Ca flashait direct ! Comme il était facile de s’en procurer en faisant les encombrants j’ai commencé sérieusement à approfondir la technique. »

–          « L’effet rétroprojecteur est intéressant aussi, vous comptez développer le concept ? »

–          « Oui et non. Pour un bon effet rétroprojecteur il faut un beau soleil (ndlr :une lampe puissante fait aussi l’affaire) et un mur clair à l’ombre pas trop loin. Le tableau est exposé plein sud face à une façade exposée au nord par exemple. Ça ne marche donc pas tout le temps, pour le coup c’est vraiment éphémère et si j’ai déjà exposé en recherchant cette projection, ce qui m’intéresse vraiment c’est les jeux de lumières, de profondeur et de formes dans la peinture elle même. L’effet rétroprojecteur vient tout seul de toute façon, vous le voyez déjà ici (ndlr : Il oriente un tableau vers le spot du studio et son œuvre se projette sur le plafond…»

–          « C’est très amusant tout ça, je n’aurais jamais pensé qu’un tableau puisse être à ce point interactif ! »

–          « c’est tellement interactif que je me bousille la vue à les faire car mes yeux sont obligés de faire des mises au point en permanence entre les deux champs, celui de la surface et celui de l’environnement!(rires). En fait oui, c’est super interactif car l’environnement et les spectateurs rentrent eux aussi dans le tableau. »

–          « Vous avez aussi explosé les critères calligraphiques du « graffiti artist » traditionnel, surtout au niveau de l’utilisation des lettrages.. ? »

–          « En fait je ne fais que rarement des lettrages définis dans leur intégralité, je mélange des lettres entre elles surtout. Mais il y a pleins d’artistes qui ont déstructuré la chose déjà et je ne me considère pas comme un « graffiti artist » pur et dur, d’autant que je n’utilise plus les bombes . D’autres sont beaucoup plus  « street » que moi !(rires)… »

–          « C’est quoi  vos références en matière d’artiste d’ailleurs? »

–          «Mon grand père déjà car c’était un caricaturiste amateur  féroce, avec un vrai style. Avec lui j’étais le petit prince, toujours à lui demander de me faire un dessin. De par mon éducation, mes parents, étant de grands amateurs d’art en général et de peinture en particulier, et m’ayant amené voir une foule d’expositions, je dirais… Picasso pour la déstructuration justement, Dali pour le côté conceptuel et délirant, le douanier Rousseau pour la couleur et Klimt qui a toujours été mon coup de cœur. Y’a eu aussi Daniel Authouard, un peintre havrais terrible, mais en voyant ses tableaux je me disais que c’était fichu, que jamais je ne pourrais avoir son coup de crayon… Mais c’est pas une liste exhaustive, il y a eu beaucoup de génies ! Après, mes propres recherches, mes premières influences vraiment marquées c’était plutôt Lokiss, Skki ou Jon One . Ma véritable inspiration est née dans la rue et a l’époque avant d’être en galerie, c’étaient eux qui  « défonçaient » les murs  ! Ah, si, il y a eu Di Rosa aussi très jeune, juste avant d’attaquer les murs et, quand j’ai commencé, mes amis du milieu graffiti havrais, Kero surtout, qui continu de me motiver, Nefaz, et Jace dont je suis maintenant les travaux à distance. Ils étaient tous plus forts que moi avec les bombes d’ailleurs à l’époque mais je suis du genre bosseur quand ça me prend (rires).»

–          « J’ai cru comprendre tout à l’heure que vous souhaitez retourner dans la rue ? »

–          «Je ne l’ai jamais quitté plus d’un an ou deux, j’y suis toujours revenu de temps en temps, pour des commandes  ou par manque d’adrénaline quelquefois, plus pour mettre mon nom partout !(rires). C’est le meilleur musée du monde. En plus il est interactif lui aussi, à l’heure ou les expositions sont figées pendant des mois, ça fait toujours du bien d’y retourner. Je rentre de Lisbonne et ça bouge vraiment sur les murs là bas d’ailleurs ! Et puis je fais quand même une peinture très contemporaine et le milieu de l’art contemporain est un milieu… spécial on va dire. Disons que je n’y ai pas encore mes entrées et s’ il s’agissait uniquement de vendre j’aurais plus vite fait de faire uniquement  des paysages à l’huile ou alors j’aurais du rester graffeur ! (rires)… Je vais bientôt y retourner dans la rue, ma direction se précise, y’aura des miroirs bien sur mais je ne préfère pas en dire plus pour l’instant… »

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