Maître Albert Gallery exhibition

DE L’AUTRE CÔTE DES MIROIRS.
KËFRAN. Peintures sur miroirs. Du 23 avril au 6 mai 2018.
« Habiter la banlieue, c’est vivre sur la route. »
Cette phrase de Bertrand Vac (Mes pensées profondes 1967) aussi curieuse qu’elle soit, correspond parfaitement à l’état d’esprit dans lequel baigne Këfran depuis son enfance.
Ayant grandi dans un HLM de la banlieue havraise, il est très tôt fasciné par les tenues africaines colorées de ses voisines, par les repas de fêtes de ses amis d’origine marocaine ou algérienne.
Happé par le mouvement HIP HOP au début des années 80, il commence très tôt à danser, puis à tagger et graffer sur les murs de l’agglomération. A 18 ans, il quitte le foyer familial, déménageant 20 fois en 25 ans, voyageant à travers un monde qu’il a déjà appris à aimer grâce justement à sa jeunesse de banlieusard. Danseur durant les années 90, mais aussi DJ à ses heures perdues, c’est au début des années 2000 qu’il renoue intensément et durablement avec la peinture même s’il ne l’a jamais complètement quittée. Il devient le premier peintre sur miroirs, support qui l’a un jour fasciné comme il a été plus jeune par la lumière et les couleurs des vitraux des églises.
Peintures caléidoscopiques, mosaïques de couleurs, portées dansantes de lettres déstructurées aux messages souvent engagés qu’il s’en va coller dans les rues pour, comme il dit, « garder le contact ». Son oeuvre, non dénuée de technique, mélange des talents de calligraphe acquis très tôt grâce aux graffitis et des éléments réalistes, et reste animée par une approche ludique et une passion affirmée pour le street art en général. Se référant aussi bien à Klimt et Paul Klee qu’à Lokiss et Jonone « qui cartonnaient » Paris à l’heure où balbutiait le mouvement graffiti du Havre, son oeuvre se renouvelle vite, car ce qu’il déteste dans l’art c’est l’immobilisme.
« DE L’AUTRE CÔTE DES MIROIRS », clin d’oeil au livre de Lewis Caroll, est un hommage à ces banlieues du monde où, en éternel nomade, Këfran a vécu et voyagé. A travers cette série de portraits sur miroirs, il invite le spectateur à regarder de l’autre côté du périphérique et bien au-delà, en sublimant la beauté de jeunes hommes et femmes qu’il a pour la plupart croisés un jour sur sa route. Comme les vitraux des églises, ses tableaux ont une dimension spirituelle, philosophique, mais aussi magique, car les spectateurs s’y trouvent eux-mêmes projetés, tout comme la lumière colorée de ses oeuvres qui se reflètent sur les murs adjacents.
C’est un voyage immersif de couleurs et de lumières, en Afrique, en Amérique du Sud, en Inde, dans des îles lointaines mais aussi en Europe, que Këfran nous offre aujourd’hui.

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